Qu’est devenue la France des Lumières ? La laïcité à l’épreuve du renoncement politique
CONTRIBUTION / OPINION. À l'occasion d'une visite à la Grande mosquée de Paris, le ministre de l'Intérieur (et des Cultes) Laurent Nuñez a tenu des propos – qu'il a ensuite dit regretter – qui ont mis à mal les discours « de fermeté » du gouvernement sur les question de l'islamisme et de la laïcité. Un grand renoncement ?
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Qu’est donc devenue cette fameuse « France des Lumières » que l’on invoque à la moindre cérémonie officielle, mais que l’on trahit à la première occasion ? Il est des lieux où la parole de l’État ne peut souffrir ni approximation ni calcul. La Grande Mosquée de Paris est de ceux-là. L’intervention du ministre de l’Intérieur n’y apparaît pas seulement comme une faute d’appréciation ; elle s’inscrit dans une séquence plus large de brouillage des repères, où la laïcité cesse d’être un principe pour devenir une variable d’ajustement.
La laïcité n’est pas une notion vague que l’on adapte aux circonstances. Elle repose sur un cadre précis, fixé par la loi du 9 décembre 1905. Il ne s’agit pas d’ignorer les transformations de la société française, ni la diversité croissante des expressions religieuses. Bien au contraire : plus la société se complexifie, plus la responsabilité de l’État est de poser un cadre clair et intelligible. La jurisprudence constante du Conseil d'État le rappelle : « la neutralité des institutions publiques ne se négocie pas ; elle s’applique, dans le respect des libertés, mais sans accommodement qui en viderait la substance. »
L’intervention du premier ministre donne pourtant l’impression d’une navigation à vue, sacrifiant la clarté des principes sur l’autel d’un opportunisme politique à peine dissimulé. Car enfin, que reste-t-il de l’exigence posée par la loi du 9 décembre 1905 si, au sommet même de l’État, le discours se fait équivoque ? Faut-il y voir une manière maladroite et dangereuse de composer avec une idéologie conquérante ? Ou un signe de dépendance face à des considérations diplomatiques ou énergétiques face au pouvoir algérien ? Depuis quand la laïcité française consiste-t-elle à multiplier les signaux contradictoires, au point de ne plus savoir ce qu’elle autorise, tolère ou combat ? L’adage populaire le dit bien : « À force de vouloir contenter tout le monde, on finit par...
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