David Lisnard, des vues aux voix
CONTRIBUTION / OPINION. À six mois du scrutin, le candidat de Nouvelle Énergie bénéficie d'une bonne dynamique médiatique, et met en avant le nombre important d'adhérents à son parti. Un indicateur parmi beaucoup d'autres, explique notre contributeur, qui rappelle qu'en démocratie, l'ultime arbitre reste l'électeur.
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Freddy Roy est enseignant en science politique à l'Institut catholique de Paris. Il est également conseiller municipal UDR et candidat aux dernières élections municipales.
« Il se passe quelque chose. » La formule accompagne la mobilisation autour de David Lisnard. Elle suggère un mouvement, invite à le rejoindre et transforme chaque nouveau soutien en confirmation de son succès. Reste une question : quelle traduction électorale donner à cet enthousiasme ?
Le 3 novembre, sur BFMTV, le maire de Cannes revendiquait plus de 100 000 adhésions payantes à Nouvelle Énergie, présenté comme le « deuxième parti de France ». Le critère mérite donc d’être précisé : il s'agit des cotisations. Toute la discussion porte sur le passage de cet indicateur particulier à une affirmation générale de puissance politique. La formule ne renvoie à aucun classement officiel général des partis. Plusieurs critères permettent d’apprécier leur poids : suffrages obtenus, parlementaires, élus locaux, implantation territoriale, adhérents, capacité de coalition. Chacun éclaire une dimension différente. Aucun ne résume, à lui seul, le rapport de forces. Un constat du nombre de cotisants peut établir un effectif. Mais pour établir un rang, encore faut-il comparer les formations à la même date, selon des règles identiques. Et pour en déduire une influence nationale, il faut d’autres éléments.
Nouvelle Énergie compte notamment dans ses rangs Alexandra Martin, députée des Alpes-Maritimes et secrétaire générale du mouvement, qui siège au groupe Droite Républicaine, composé en majorité de députés Les Républicains (LR) . Cette présence parlementaire interdit de parler d’une absence totale de représentation. Elle ne constitue cependant pas un groupe propre au mouvement. Le risque intellectuel réside ailleurs : expliquer les adhésions par la dynamique, puis démontrer la dynamique par les adhésions. Ce raisonnement circulaire finit par donner au slogan les allures d’une tautologie : il se passe quelque chose puisque quelque chose se passe. Pour mesurer la portée électorale...
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