Affaire Lyhanna : nos enfants méritent mieux que le cynisme du pouvoir
CONTRIBUTION / OPINION. La protection de l'enfance était censée être « au cœur » du second quinquennat d'Emmanuel Macron. Une promesse qui n'a engagé que ceux qui y ont cru, tant le réel – et son terrible rappel avec le récent meutre de la jeune Lyhanna – l'a ensuite démentie. Les choses changeront-elles en 2027 ?
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Le 20 avril 2022, lors du débat de l’entre-deux-tours, Emmanuel Macron disposait de quelques minutes de carte blanche. Il aurait pu parler de l’Europe, du climat, de la guerre en Ukraine ou de la réforme des retraites. Il choisit de conclure par une promesse solennelle : « La protection de l’enfance sera au cœur des cinq années qui viennent. »
Quatre ans plus tard, l’affaire Lyhanna oblige à relire cette phrase.
Il ne s’agit pas ici de désigner prématurément les responsabilités individuelles. Les inspections devront les établir précisément. Mais un constat est largement partagé, cette affaire ne révèle pas seulement une erreur humaine isolée. Elle met en lumière un problème structurel. Le gouvernement lui-même a reconnu l’existence d’un échec institutionnel. La question politique peut donc être posée simplement, comment une priorité présidentielle proclamée avec une telle gravité peut-elle rester à ce point sans effet quatre ans plus tard ?
La réponse habituelle consiste à invoquer le manque de moyens. La justice française est incontestablement sous-dotée. Les magistrats, les greffiers et les enquêteurs sont débordés. Mais cette réponse est insuffisante. Les moyens sont toujours limités. Gouverner consiste précisément à décider ce qui mérite d’être financé en priorité. Lorsque Macron a estimé qu’un sujet était essentiel, il a su mobiliser des ressources considérables. Il l’a montré pendant la pandémie de Covid avec le « quoi qu’il en coûte ». En 2024, la contribution nette de la France au budget de l’Union européenne s’est élevée à près de 8 milliards d’euros. Elle a également apporté à l’Ukraine un soutien dont la valeur brute est estimée à environ 6,5 milliards d’euros depuis 2022. Lorsque le pouvoir juge réellement une cause prioritaire, il sait trouver l’argent.
Au fond, trois explications sont possibles, et elles peuvent se combiner. Emmanuel Macron mentait-il en 2022 ? il ne voulait pas réellement agir. Était-il sincère mais...
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