Plus d'Europe, moins de France : la stratégie d'Édouard Philippe sur l’immigration
ARTICLE. En campagne pour conquérir l'Élysée, le centriste Édouard Philippe entend montrer que son bras droit n'a pas perdu de son muscle. Mais son discours martial vis-à-vis de notre « impuissance migratoire » se heurte à la réalité du système européen.
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Lentement mais sûrement, le centre-droit européiste remise ses vieilles lunes pro-immigration et se lance dans l’incontournable mêlée politique contre l’« impuissance migratoire ». Si la charge est menée par le chancelier allemand Friedrich Merz, en France, c’est Édouard Philippe, candidat déclaré à l’élection présidentielle de 2027, qui a décidé en premier de reprendre ce convoité flambeau au nom du bloc central. Et l’épisode de Ceuta a offert à l’ex-premier ministre macronien l’occasion rêvée de jouer médiatiquement des muscles. En l’occurrence, par l’intermédiaire d’une tribune publiée le 10 août dans le Figaro, dans laquelle il appelle, tout en originalité, à « tirer toutes les conséquences » de ce qu’il s’est passé à Ceuta – « aperçu du monde qui vient » – et à repenser en profondeur la politique migratoire de la France. Comment ? En renforçant les pouvoirs de l’Union européenne en la matière.
Edouard Philippe n’est pas venu les mains vides. Dans sa besace, toute une panoplie de mesures destinées à « reprendre le contrôle » de nos frontières… ou plutôt de celles de l’Union européenne. Par exemple, la mise en place d’un « verrou Schengen » qu’il définit ainsi : « au-delà d’un seuil défini collectivement, toute opération massive de régularisation doit faire l’objet d’un accord préalable au niveau de Schengen. » Une référence quasi-explicite à la décision du gouvernement espagnol de régulariser en masse (entre avril et juin 2026) les sans-papiers présents sur son sol avant le 31 décembre 2025, permettant ainsi à près de 500.000 nouveaux citoyens espagnols de bénéficier des largesses de l’espace Schengen, qui consacre la libre circulation des personnes, sans que les autres États membres n’aient leur mot à dire. Un tel « verrou » est-il applicable ? Pas sans remettre entre les mains de la supranationalité ce qui est actuellement entre les mains des États. De fait, les règles régissant l’espace Schengen dépendent de l’UE, depuis le traité d’Amsterdam...
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