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Préparer la guerre contre la Russie : réalisme gaullien ou illusion fédéraliste ?

CONTRIBUTION / ANALYSE. Il faut se préparer à la guerre avec la Russie, repète-t-on de Bruxelles à Paris en passant par Berlin. Mais la guerre n'est pas une affaire à prendre à la légère, rappelle dans cette note Lionel Tourtier de la Fondation Charles de Gaulle. Sources à l'appui, il explique que ces ambitions sans moyens économiques et militaires réels ni soutien populaire relèvent plutôt du fédéralisme imposé que du réalisme gaullien.

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© Lisi Niesner/DPA/SIPA


Pour le gaulliste et donc souverainiste que je suis, la préparation à un conflit direct avec la Russie relève davantage d'une logique de blocs que d'un réalisme gaullien. L'Europe n'en a ni les moyens matériels ni la volonté populaire. La seule voie est une architecture de sécurité européenne souveraine, inclusive de l'Atlantique à l'Oural.


La question que tout citoyen ou responsable économique devrait se poser


Les dirigeants européens, de Bruxelles à Berlin en passant par Paris, répètent à l'envi que la Russie constitue une « menace existentielle » et qu'il faut se préparer à la guerre. Ainsi, Ursula von der Leyen, Friedrich Merz et Emmanuel Macron évoquent tour à tour une « force paneuropéenne », un réarmement massif et même un débat sur un « parapluie nucléaire » franco-britannique. Ce discours belliqueux intervient alors que les États-Unis retirent déjà plusieurs milliers de soldats d’Allemagne (1), annoncent le retrait d’un tiers de leurs flottes aériennes et annulent le déploiement de missiles Tomahawk, laissant l’Europe face à ses propres illusions de puissance.

Le règlement sur l'accélération industrielle (IAA) et le Pacte pour une industrie propre (PIC) sont présentés comme les outils d'une Europe enfin autonome. L'effort requis est d'autant plus nécessaire et urgent selon eux que l'administration Trump entend se désengager rapidement de sa présence militaire en Europe, afin de consacrer ses moyens à la zone Pacifique et à celle de l'Amérique du Sud.

La posture de l'Union européenne est-elle réaliste ? Ou s'agit-il d'une illusion atlantiste, doublée d'une tentation fédéraliste qui sacrifie la souveraineté française ? Telle est la question que chaque citoyen devrait se poser.

De Gaulle enseignait que la politique étrangère d'un État doit reposer sur une analyse froide des intérêts nationaux et des rapports de force, non sur l'idéologie. Or, les faits accumulés depuis 1991 — promesses non tenues à Gorbatchev, expansion continue de l'OTAN,...

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