Hongrie : ce que la jubilation de Bruxelles révèle de l'Europe
CONTRIBUTION / OPINION. Victoire !, claironnent en cœur les européistes après la défaite de Viktor Orbán aux élections législatives hongroises. Une liesse qui dévoile le rapport problématique du système européen à la démocratie ?
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Le 12 avril 2026, la Hongrie a changé de majorité. En France comme à Bruxelles, la réaction n’a pas été celle d’observateurs prenant acte d’une alternance démocratique ; elle a pris la forme d’un soupir de soulagement, presque d’une délivrance. Ursula von der Leyen a salué une Hongrie qui « retrouve sa voie européenne ». Emmanuel Macron y a vu la confirmation de l’attachement du peuple hongrois aux valeurs de l’Union. Rien de tout cela n’est anodin. Et c’est précisément là que commence mon malaise : non dans le choix des Hongrois, qui ne regarde qu’eux, mais dans la manière dont l’oligarchie française et bruxelloise s’est empressée d’y lire la validation de son propre credo.
Car que dit, au fond, cette jubilation politico-médiatique ? Qu’il ne s’agissait pas seulement d’une défaite électorale, mais de la correction d’une anomalie. Comme si l’élection hongroise n’avait pas départagé deux projets légitimes, mais séparé le licite de l’illicite, le fréquentable de l’infréquentable. Une démocratie qui ne reconnaît pleinement le suffrage que lorsqu’il produit le bon résultat n’est déjà plus tout à fait une démocratie : elle devient un mécanisme de ratification idéologique.
Mon premier malaise vient de là : de cette démocratie à géométrie variable que l’Europe prétend combattre ailleurs tout en la pratiquant chez elle. Lorsque les Hongrois votaient pour Orbán, on expliquait qu’ils étaient sous emprise, déformés par la propagande, presque incapables de vouloir librement. Lorsqu’ils votent contre lui, les voilà soudain promus peuple lucide, mature, pleinement européen. On ne saurait mieux avouer que la souveraineté populaire n’est tenue pour respectable qu’à la condition d’aboutir au résultat attendu.
C’est là que le débat se brouille volontairement. Depuis des années, une confusion savamment entretenue amalgame démocratie et libéralisme. La démocratie, au sens strict, désigne la souveraineté du nombre sanctionnée par les urnes. Le libéralisme politique y ajoute des garanties :...
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