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Fiasco de la taxe française sur les petits colis : la faute à l’Union européenne

ARTICLE. Quelques semaines après sa mise en place, la taxe française affiche d’écrasantes faiblesses, au point de la rendre inutile. Le principal responsable ? Le dogme libre-échangiste européen.

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Yassine Mahjoub/SIPA


Sur le papier, la taxe sur les petits colis devait limiter la fast fashion à petit prix, et ses grands acteurs venus directement d’Asie, avec des plateformes comme Shein, Temu, ou encore Aliexpress. Sur le papier, le mécanisme devait aussi contribuer à une baisse des flux logistiques et donc des émissions carbones importées. Elle devait enfin rapporter à l’État 400 millions d’euros par an, soit 33 millions mensuels. Une manière de faire d'une pierre trois coups… mais sur le papier seulement. Deux mois après sa mise en place, non seulement la taxe française sur les petits colis a échoué sur tous les points cités, mais elle a en outre pour conséquence une destruction d’emplois inattendue.

Les entreprises extérieures à l’Union européenne et concernées par les envois de faible valeur, des colis inférieurs à 150 €, doivent s’acquitter d’une taxe de 2 euros par articles depuis mars et l’application de la loi de finances 2026. À peine trois mois passés, et force est de constater que cette barrière douanière n’a pas eu les effets escomptés. Disparue, la manne financière attendue : d’après le directeur général des douanes, Florian Colas, auditionné par Commission des Finances le 13 mai, « la taxe affiche un rendement de l’ordre de 2,3 millions d’euros par mois » qui correspond à un « déport de volume (…) de l’ordre de 90 % »

La taxe aurait-elle été de nature à changer les habitudes des consommateurs français ? Peu probable, d’autant que les plateformes chinoises avaient communiqué leur volonté de ne pas répercuter la taxe sur leurs tarifs. Et pour cause. Les flux de marchandises subsistent encore. C’est juste qu’ils empruntent un autre chemin. Avant d’arriver dans l’Hexagone, les colis transitent dans des pays voisins, par les Pays-Bas ou la Belgique notamment. En mars, l’aéroport de Liège a vu la...

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