Éric Anceau : « La nomination d'Amélie de Montchalin à la tête de la Cour des comptes met en péril la crédibilité de l'institution et de l'État »
ENTRETIEN. Amélie de Montchalin, fidèle parmi les fidèles de la Macronie, devrait être nommée à la tête de la Cour des comptes. Le dernier exemple en date d'une longue liste d'institutions cadenassées par un pouvoir politique de plus en plus contesté, nous explique l'historien Éric Anceau.
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Eric Anceau est professeur d’histoire contemporaine à l’Université de Lorraine, il vient de faire paraître Histoire de la nation française du mythe des origines à nos jours (Tallandier, 2025) et de diriger Nouvelle Histoire de France. 100 historiens et historiennes racontent la France (Passés Composés, 2025).
Front Populaire : Amélie de Montchalin va être nommée à la Cour des comptes par Emmanuel Macron. En quoi est-ce un problème selon vous ?
Éric Anceau : Entendons-nous bien, ce n’est pas la personne Amélie de Montchalin qui est un problème – elle est sans doute compétente – et ce n’est pas le fait qu’elle ait été ministre – Philippe Séguin ou Pierre Moscovici pour ne prendre que deux exemples récents l’ont été aussi –, c’est le fait que sa nomination mette en péril la crédibilité de l’institution à la tête de laquelle elle est nommée et à travers celle-ci, celle de l’État tout entier.
La Cour des comptes, créée par Napoléon et qui puise ses racines au tréfonds de notre France capétienne, est une des rares institutions qui bénéficiait de la confiance des Français. Or quelle crédibilité apporter à une personne qui va devoir examiner un budget qu’elle vient tout juste de défendre en tant que ministre ? Et c'est sans parler des autres dossiers qu’elle a eu à traiter il y a quelques jours à peine. Le conflit d’intérêts me semble caractérisé mais quand bien même la nouvelle présidente se ferait-elle critique des décisions qu’elle a eu à assumer en tant que ministre, au risque de se décrédibiliser, la Cour des comptes et le HCFP (le Haut conseil des finances publiques) qu’elle présidera automatiquement aussi ne peuvent souffrir du soupçon d’être juge et partie. C’est avoir bien peu le sens de l’État et de l’intérêt général que d’avoir fait ce choix quand on voit le défiance...
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