« On sera là jusqu'à la fin de la France »
CONTRIBUTION / OPINION. Les images des affontements urbains, des violences et des actes de vandalisme qui ont eu lieu aux quatre coins de la France ce samedi 17 octobre ont fait le tour du monde. On a pu observer le tracé d'un inquiétant horizon : celui de la fin de la France. Qu'en est-il ?
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« On sera là jusqu'à la fin de la France ». Voilà les mots qu'affichait la pancarte d'un jeune manifestant à Bordeaux, le 8 octobre dernier. Cagoulé et vêtu de noir jusqu'aux gants, le jeune homme levait haut sa phrase écarlate qui faisait écho, au second plan, aux flammes qui dévoraient les rails du tramway. Au-dessus du mot «France», on avait pris soin de dessiner le drapeau tricolore.
Neuf jours ont passé et, le samedi 17 octobre, la jeunesse a rejoint les manifestations contre la vie chère, qui se sont achevées sur des violences que le garde des Sceaux a jugées « d'une gravité inouïe » : à Paris, Marseille, Bordeaux, Lyon – et tant d'autres villes –, on ne compte plus les affrontements, les blessés voire mutilés, les dégradations, les pillages et les incendies. La France a été touchée au coeur de son pouvoir et de son patrimoine : on a saccagé des mairies, attaqué des commissariats, pénétré dans une résidence de préfet ; le buste de Marianne a été renversé, des statues ont été taguées ; l'hôtel de ville de Limoges, monument historique, est parti en fumée. Dans ce contexte, la phrase du garçon de Bordeaux, qu'on pouvait tenir il y a quelques jours pour une bravade, prend désormais l'allure d'un présage.
Les observateurs étrangers considèrent avec stupéfaction – et parfois réprobation – la singulière habitude que nous avons, nous Français, des «actions collectives de rue », selon le jargon sociologique. Révolutions, révoltes, émeutes et manifestations égrènent notre histoire. Ces catégories ne sont d'ailleurs pas étanches : en février 1848, l'interdiction d'un banquet républicain fit d'une manifestation une émeute, puis l'émeute devint révolution ; en mai 68, les cortèges étudiants dressèrent des barricades ; les manifestations contre le CIP, en 1994, connurent des violences à Lyon et à Nantes. Toutes ces actions exprimaient une...
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