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Il me reste des masques Covid contre l’IA

CONTRIBUTION / OPINION. Hier promesse de révolution, l'intelligence artificielle sera demain apocalypse, si l'on en croit certains chercheurs du secteur qui alertent sur les conséquences funestes de leur créature. Notre contributeur ne les a pas attendus pour avoir peur.

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Lorsqu’il est déjà trop tard pour éviter la catastrophe, toutes les stratégies sont bonnes à prendre.

Hier encore, j’avais 20 ans, j’appuyais sur les touches de mon clavier, ingénument. Aujourd’hui, j’ai peur, chaque « prompt » me donne la chair de poule. Et j’ai bien raison d’avoir peur, puisque même les pères de la bête sont pris d’effroi. Ils nous avouent que déjà ils auraient perdu tout contrôle. Brrr… Je ne suis pas sûr que ces cris d’orfraie soient l’expression d’une noble intention. On louera le lanceur d’alerte, on suspectera la jérémiade. « L’hypocrisie est un hommage que le vice rend à la vertu », nous énonce le moraliste François de La Rochefoucauld. Quand même, il nous faut les écouter. Car avec le mal, il y a le remède. Ainsi, parmi les grandes idées de ces grands penseurs, retenons la plus audacieuse : geler le progrès. Pas longtemps, rassurons-nous ! Juste le temps de comprendre le mode d’emploi de l’automate qu’ils ont eux-mêmes créé. Le souci avec ce genre de proposition, c’est qu’on peut finir par y croire. Sérieusement. A-t-on déjà arrêté le progrès une seule fois dans l’histoire de l’humanité ?

Mais que faire alors pour se protéger contre l’IA ? Il n’existe pas de position latérale de sécurité officiellement reconnue à ce jour. Adopter la posture du survivaliste digital, se réfugier dans son bunker mental, ou se confiner en son fort intérieur, sont des stratégies inefficaces pour lutter contre une pandémie de bits. D’ailleurs, il me semble parfois que même ma petite voix intérieure parle déjà en langage binaire. On peut faire semblant de ne pas voir, on ne peut pas faire semblant de ne pas y être. La réalité est incorruptible. « Chassez le réel par la porte, il revient par la fenêtre » nous rappellerait le philosophe Clément Rosset. Mais on ne peut quand même rester...

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