Élections provinciales : le Québec choisit le souverainisme
ARTICLE. Les indépendantistes viennent de remporter les élections provinciales au Québec et promettent un référendum sur l’indépendance. Demain, le Québec libre ?
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En 1995, il s’en était fallu de peu pour que le bleu et les lys du Québec ne supplantent enfin le rouge et la feuille d'érable du Canada. Le deuxième référendum sur l’indépendance de cette province francophone aboutissait à la victoire du non d’une (très) courte tête : 50,58 % des votes pour une participation de 93 %. Un véritable traumatisme pour les souverainistes québecois, qui depuis se languissent – malgré l’élection de plusieurs Premiers ministres du Parti québécois (PQ), traditionnel soutien de l'indépendance. Le chef actuel du PQ, Paul Saint-Pierre Plamondon, vient de remporter les élections provinciales qui se sont tenues ce lundi 5 octobre. Avec cette promesse : celle d’un nouveau référendum sur l’indépendance.
Le Québec « mérite » d’être un « pays », a affirmé le nouveau Premier ministre. Mais il lui faudra affronter quelques obstacles avant de parvenir à l'indépendance. Car si Plamondon a promis un référendum, il a aussi immédiatement prévenu : ce dernier ne se tiendra qu’une fois que l’imprévisible Donald Trump aura achevé son deuxième mandat. Une manière de dédramatiser les débats et d'éviter le contexte conflictuel qui oppose le Canada au Président américain. Donc pas avant janvier 2029, sauf accident. Et d'ici là, il faudra tenir. Car si les indépendantistes québécois ont remporté l’élection, il ne s’agit pas non plus d’un plébiscite. Avec 28 % des voix exprimées, le Parti québécois ne remporte que 59 sièges sur les 127 que compte l’Assemblée nationale. Il lui aurait fallu 64 sièges pour bénéficier de la majorité absolue.
S’il exclut toute alliance dans sa lutte indépendantiste, le Parti Québécois pourra compter sur un allié de circonstance avec le parti de gauche Ruba Ghazal, également favorable à la scission avec le Canada. Mais le discours antiimmigration et libéral du futur parti au pouvoir risque de fragiliser tout rapprochement politique.
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