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Sommet mondial sur le nucléaire civil à Paris : une indépendance énergétique française enfin recouvrée ?

CONTRIBUTION / OPINION. Ce mardi 10 mars se tient à Paris le deuxième Sommet mondial sur l’énergie nucléaire. Un symbole de la fin des illusions politiques autour de l'atome et un signal encourageant pour la souveraineté énergétique française, explique notre contributeur.

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En fond, centrale nucléaire du Bugey, à Saint-Vulbas (Ain).© SOPA Images/SIPA


Un Sommet mondial sur le nucléaire civil se réunit ce mardi 10 mars à Paris. C’est le deuxième sommet sur le sujet, le premier ayant été organisé en mars 2024, à Bruxelles, non par l’Union européenne évidemment, mais par la Belgique et l’Agence internationale de l’énergie atomique. Il ne faut pas attendre de ce deuxième sommet des décisions spectaculaires, mais plutôt une confirmation de la tendance observée depuis deux ans : le retour de la France à une véritable indépendance en matière de nucléaire civil. On aura mis 70 ans pour comprendre que le nucléaire militaire ne se partage pas, mais que le nucléaire civil, lui aussi, doit rester national.

Pourquoi 70 ans ou presque ? C’est en effet le 25 mars 1957, à Rome, que six pays – Allemagne, Belgique, France, Italie, Luxembourg et Pays-Bas – décidaient la création d’une Communauté économique européenne (CEE), mais aussi d’une Communauté européenne de l’énergie atomique, l’Euratom. La France développant en parallèle un programme nucléaire à des fins militaires impliquant des contraintes particulières, l’Euratom ne fonctionna jamais correctement. Des controverses politico-techniques s’engagèrent sur le choix, pour les réacteurs, entre l’uranium naturel (position de la France, celle-ci en étant, à l’époque, le premier producteur d’Europe) et l’uranium enrichi (position allemande) ; aucune position commune ne put être trouvée et l’Euratom ne réussit jamais à jouer un rôle significatif en matière de nucléaire civil.

Finalement, la France abandonna sa position d’indépendance pour se tourner vers une coopération avec les Etats-Unis. C’est dans ce nouveau contexte, durant les années 70, que se multiplièrent vraiment les centrales nucléaires du parc français, selon la technologie des REP (réacteurs à eau pressurisée). Dans le même temps, l’EDF développait cette technologie dans la perspective du renouvellement futur de ce parc (projet REP 2000). C’est alors qu’en 1989, on imagina un nouveau projet...

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