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Les Européens préfèrent consommer national plutôt que « fait en Europe »

ARTICLE. Une enquête de Public First rappelle que les Européens estiment que leur pays devrait acheter des produits fabriqués localement en priorité. Le « fait en Europe » ne séduit pas.

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Jonathan Raa/Sipa USA/SIPA


C’est au détour d’un sondage sur la transition énergétique que l’on trouve cette information éclairante. Le protectionnisme, s’il a le vent en poupe au niveau international, pose question à Bruxelles. La Commission compte réserver une part exclusive de son marché intérieur à quelques produits industriels (environ 15 %) fabriqués sur son sol ou sur celui de ses partenaires commerciaux, grâce à son règlement sur l’accélération industrielle (Industrial Accelerator Act). Alors que ce texte doit entrer en application à compter de 2027, qu’en disent les peuples européens ?

Dans le cadre d’une étude de Public First, baptisée Project Tempo EuroPulse, plus de 26 000 citoyens de 22 pays membres de l’UE ainsi que du Royaume-Uni ont été appelés à se prononcer sur la transition énergétique et les préoccupations des Européens. Interrogés sur les modes de soutiens à certaines politiques énergétiques et écologiques, s’ils plébiscitent le plafonnement des prix de l’énergie pour les ménages à hauteur de 60 %, la règle de l’« acheter national » arrive en second (56 %) largement devant celle de l’« acheter Européen » (46 %).

Les Européens ne sont pas dupes : si le protectionnisme — extrêmement partiel — annoncé protégera la zone UE, tous les pays ne seront pas logés à la même enseigne. D’après les statistiques d’Eurostat, les exportations intra-UE sont passées de 1 500 milliards d’euros en 2002, à 4 142 en 2025. Et si certains pays tirent leur épingle du jeu, comme les Pays bas avec une balance des marchandises très largement positive (+ 278 milliards d’euros) ou l’Allemagne (+200 milliards d’euros) en 2025, d’autres pays grimacent. C’est le cas de la France, qui dispose d’une balance intraeuropéenne de -23 milliards d’euros d’après les chiffres des douanes françaises. En somme, qu’importe pour le parisien que l’emploi perdu aille, à Bucarest ou à Varsovie, bien que toujours européen, il...

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